Des avancées dans le domaine des neurosciences ont permis à des enfants d’éduquer leur cerveau de manière à devenir bien plus intelligents, observateurs, concentrés, intuitifs et stables au niveau émotionnel.

Lorsque je préparais ma Maîtrise en Littérature, mon père était toujours beaucoup plus enthousiaste sur le programme et les lectures conseillées, et nos discussions portaient sur les auteurs et leur style. Il était aux nues et cela l’intéressait tellement qu’il fit des recherches et rédigea des articles dans sa belle écriture cursive et avec une impressionnante compétence linguistique.

Il ne se contenta pas de cela. De peur que je n’aie pas le temps de lire toutes ses notes, il les lut en s’enregistrant et m’offrit donc plusieurs cassettes et un magnétophone pour que je puisse les écouter. Il me suggéra de faire cela le soir, après ma journée d’étude et alors que j’avais éteint la lumière et me préparais à dormir. Sa voix me bercerait et m’aiderait à trouver le sommeil.

D’une certaine manière, ses écrits – qui allaient de Wordsworth à Shakespeare et à Geoffrey Chaucer, s’inscrivirent dans ma mémoire sans que j’aie à faire le moindre effort. Je suis encore très étonnée par le travail qu’il fournit et la manière dont il me facilita la tâche.

Mais ce qui me frappa le plus fut la capacité qu’il avait de lire une phrase toute entière juste en touchant la page du livre.

Ce souvenir m’est revenu la semaine dernière lors d’une visite à Kanha Shanti Vanam à Mehboobnagar, lorsqu’un jeune,  Kapil de 13 ans qui participait à une démonstration ‘Brighter Minds’ me dit qu’il pouvait apprendre ses leçons deux fois plus vite depuis qu’il avait suivit cette formation durant laquelle on leur apprend à aiguiser leur sens de l’observation et à utiliser leur intuition lors de l’apprentissage des connaissances que l’on propose aux enfants de 5 à 15 ans.

Kapil commença alors à me montrer ce qu’il pouvait faire. Les yeux bandés, juste par le toucher et l’odorat, il fut effectivement capable de me dire de quelle couleur était un crayon qu’il tenait en main et aussi de résoudre un Rubik’s cube. Je fus encore plus frappée par sa capacité à lire toute une phrase dans un livre juste en la touchant. Comment cela était-il possible? Sceptique, je sortis alors mes cartes de membre et il fut capable de toutes les lire.

S’amusant de mon incrédulité, les formateurs me racontèrent l’histoire du garçon qui récita toute la leçon donnée par un professeur alors que l’enfant avait était appelé à faire une autre activité pendant ce temps-là. Cela me ramena à l’époque où j’apprenais mes leçons alors que je dormais en écoutant la voix de mon père. Il semblait vraiment y avoir là toute une gamme de possibilités. Ce qui est réconfortant, c’est que des milliers d’étudiants sont actuellement formés à acquérir de telles qualités.

Un instant ! Acquérir n’est peut-être pas le mot juste. Il serait plus approprié de dire que ce sont leurs propres capacités créatives et intuitives qui sont mises en valeur. Les avancées faites dans le domaine des neurosciences et de la « neuro-plasticité » du cerveau prouvent que l’apprentissage en continu est possible. C’est le résultat des connexions et des interconnexions qui se font entre les milliards de cellules cérébrales (les neurones) que nous possédons.  Le cerveau est donc très modulable et flexible, bien que cette neuro-plasticité ne cesse de diminuer puisque nous ne l’utilisons pas.

La capacité de ces interconnexions est plus grande chez l’enfant, mais elle diminue au fur et à mesure que nous grandissons.  Plus ces connexions sont utilisées, et plus on peut espérer les maintenir en vie et augmenter ainsi nos capacités cognitives. Mais nous ne nous en servons pas, ce qui a pour résultat de nous rendre incapables d’utiliser la plus grande partie de notre potentiel. La bonne nouvelle, c’est que grâce à ces avancées de la recherche scientifique nous savons qu’un apprentissage approprié nous permet de stimuler la neuro-plasticité de notre cerveau, à condition de commencer dès l’enfance. Cela a bien marché avec Kapil et beaucoup d’autres enfants qui sont encore plus avancés dans ce domaine. Le processus utilisé par Brighter Minds a commencé lorsque Daaji (Kamlesh D. Patel),  fondateur de Heartfulness, a vu un enfant qui avait les yeux bandés pouvoir identifier des cartes de jeu retournées juste en les touchant avec son pied ! Il avait entraîné son sens du toucher à voir. Après tout, c’est le cerveau qui voit, pas les yeux, comme l’explique Daaji. Vous pouvez entraîner les autres sens que sont l’ouïe, le toucher ou l’odorat à voir tout aussi bien que la vue.

Tout cela est intéressant. J’aimerais acquérir ces compétences.  «Trop tard », dit Daaji en souriant. Après l’âge de 15 ans, nous entrons dans le processus d’appauvrissement de notre cerveau. Mais nous pouvons certainement améliorer l’intelligence et le quotient émotionnel de toutes les futures générations en les amenant à mieux se concentrer, se souvenir, mieux comprendre et observer, à être plus intuitives, et à faire preuve d’une plus grande stabilité émotionnelle.

Je n’accepte pas cette idée que pour moi c’est trop tard et je vais quand même essayer de réveiller mes interconnexions endormies. Je vous tiendrai au courant…

LES OPINIONS EXPRIMÉES DANS CET ARTICLE SONT CELLES DE L’AUTEUR.
Article de Vinita Dawra Nangia paru le 24 février 2019 dans l’E-édition « The times Of India »

 

 

 

 

 

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