Qu’est-ce que le potentiel ?

Je tiens dans ma main une graine de baobab. C’est une petite graine brune foncée en forme de rein. Puis je me mets à imaginer l’arbre que cela donnerait si je la plantais dans la terre. Comment une aussi petite graine peut-elle donner un arbre aussi immense, aussi fort, aussi majestueux ? Mon esprit s’en va à Madagascar et revoit la fameuse allée des baobabs, ces arbres millénaires de 40 mètres de haut et plus de 12 mètres de diamètre. Pas étonnant qu’en malgache, l’arbre est appelé Reniala ou La Mère de la forêt étant donné sa corpulence. Et dire que tout est parti d’une petite graine ! Seulement voilà, je ne suis pas sûre que la graine que j’ai entre les mains germerait dans mon jardin suisse, car le baobab ne pousse que dans des régions au climat aride.

Le potentiel c’est comme une graine. La graine contient l’arbre mais on ne le voit pas. Si l’on regarde la définition du mot « potentiel », cela signifie : les forces, les ressources dont on dispose, la capacité. Et si l’on prend l’adjectif, potentiel signifie : qui existe en puissance, virtuel, éventuel, possible. Ainsi, tout est possible dans la graine. Comme le dit André Stern: « Chaque enfant vient au monde comme une bombe de potentiel ! » Il constate que tous les humains naissent équipés d’un dispositif qui leur permettent de tout devenir, de tout apprendre et de s’adapter. Dès que son cerveau atteint un certain stade, le jeune enfant peut apprendre 5-6 langues en même temps, être à la fois Batman, pompier, pilote ou maîtresse d’école, chanteuse et vétérinaire. Pour l’enfant, il n’y a aucune limite. Tout est possible.Or, la germination d’une graine dépend de certaines conditions.

Comment développer le potentiel ?

Une graine peut aussi rester graine pendant des milliers d’années si elle n’est pas plantée dans la terre qui lui convient, selon des conditions spécifiques de température, d’humidité, de lumière et tant d’autres choses réunies. Le potentiel peut lui aussi rester latent longtemps s’il n’est pas mis en lumière, développé et utilisé dans de bonnes conditions. Cependant la graine en latence est vivante. Chaque gland tombé au sol est tout aussi vivant que le chêne trois fois centenaire qui le surplombe. Le potentiel est lui aussi bien vivant même s’il n’est pas encore révélé. Tous deux attendent une opportunité d’éclore.

Toutes les graines plantées ne deviennent pas toutes des plantes. Certaines pourrissent dans le sol, certaines se font manger par les animaux, d’autres ne germent tout simplement pas. Alors que faut-il pour faire germer une graine ? La réponse commune serait de dire qu’il faut une terre riche en nutriments, de l’eau, du soleil et de l’attention.

« Au bon endroit et dans les bonnes conditions, il est enfin possible de se déployer pour devenir ce qu’on est censé être » Hope Jahren.

Au moment de la germination, l’embryon ramassé sur lui-même ne fait que se déployer. Cela sous-tend un certain travail, des efforts, une croissance en continu. De la germination d’une graine à l’arbre, cette transformation requiert énormément d’énergie et la plante passe par des stades où elles doit vraiment puiser dans ses ressources pour survivre et grandir.

Tel une graine, le potentiel aurait-il aussi besoin de certaines conditions pour éclore et s’épanouir ? Est-ce que seuls les enfants qui grandissent dans un environnement positif, valorisant, aimant, paisible ont la chance de développer leur potentiel ? Mais ma graine de baobab, ne pousse-t-elle pas dans un sol aride ? Et tous ces enfants victimes de violence ou qui ont grandi dans des circonstances difficiles tels Malala Yousafzai, Anne Frank, William Kamkwamba[1] ou Stevie Wonder n’ont-ils pas réaliser de grandes choses grâce à leur capacité et leurs forces intérieures ? Il semble que les conditions pour que le potentiel se réalise varient d’un enfant à l’autre. Certains auront besoin de conditions très difficiles pour sentir en eux cette force, pour prendre conscience de leurs ressources et c’est dans la résilience qu’il se développeront. Pour d’autres, c’est dans un environnement d’amour et de paix qu’ils parviendront à se connecter à eux-mêmes et réaliser la puissance de leur monde intérieur. Ainsi, la vie nous a essemé sur des terrains différents mais nécessaires à notre évolution et à la réalisation de notre potentiel.

Quelles sont les conditions à la réalisation du potentiel ?

Même si les circonstances varient, il y a deux choses essentielles pour que le potentiel se développe : la connexion au Soi et l’enthousiasme. En effet, l’enfant qui ne se relie pas à son centre, à sa joie intérieure et qui ne se fait pas confiance aura des difficultés à réaliser son potentiel. Pour un enfant, le meilleur moyen c’est le jeu. Un enfant qui s’amuse apprend beaucoup plus qu’un enfant qui se sent forcé d’apprendre quelque chose qui ne l’intéresse pas. Il a par ailleurs été démontré que le cerveau se développe là où il est utilisé avec enthousiasme.

« L’enthousiasme est la seule ressource infinie sur Terre. A chaque fois qu’on l’utilise, il grandit. » – André Stern

Un enfant qui se relie à ses forces, à ses talents avec conscience, joie et confiance ne peut que réaliser son potentiel. Pour reprendre une expression d’Idriss Aberkane : « Arrêtons de presser les enfants comme des citrons, plantons-les ! » C’est seulement une fois que la graine est plantée dans un sol fertile que la magie commence. Tout se fait naturellement.

Un enfant qui réalise son potentiel avec conscience sentira que son potentiel lui a été donné par la Nature et pour la Nature, ce n’est pas pour lui comme l’explique Jean-Claude Catry dans le film « L’autre connexion ». Comprendre que le potentiel est un ensemble de capacités, de passions, de forces, de ressources qui nous a été donnés pour servir l’humanité et non notre propre ego permet de garder une attitude humble et juste lorsque nous le réalisons. Une fois que la connexion est faite de cette manière, alors le potentiel se développe vraiment, cette force bien plus grande que nous se manifeste et nous pousse en avant. Cela génère beaucoup d’enthousiasme et de joie car tout fait sens pour nous désormais. Or, cela ne veut pas dire que le chemin devienne lisse et facile, au contraire, une forte volonté, de la persévérance et des efforts continus sont nécessaires pour la réalisation de son but. La conscience doit se développer en parallèle afin de faire les bons choix au bon moment. Réaliser son potentiel demande donc tout un travail, beaucoup de répétitions et une discipline quotidienne pour atteindre l’excellence. Les virtuoses de musique, les grands sportifs, les écrivains mettent toute leur énergie dans leur passion et travaillent longuement pour continuer de progresser.

Quels potentiels les enfants peuvent-ils développer ?

Aujourd’hui nous entendons beaucoup parler d’enfants à haut-potentiel, des enfants qui ont été diagnostiqués avec un Q.I plus élevé que la moyenne. Ces enfants présentent de grandes capacités dans les domaines logico-mathématique et linguistique qui sont effectivement les domaines mesurés lors du bilan psychologique. Et qu’en est-il de tous les autres enfants ? N’ont-ils pas eux aussi un fort potentiel dans un domaine différent que ceux mesurés chez les haut-potentiels ?

Rappelons qu’il existe 8 intelligences, définies par Howard Gardner (psychologue et professeur en neurologie dans les années 80) : l’intelligence musicale, l’intelligence verbale et linguistique, l’intelligence logico-mathématique, l’intelligence kinesthésique, l’intelligence visuo-spatiale, l’intelligence naturaliste, l’intelligence inter-personnelle, l’intelligence intra-personnelle.

Howard Gardner a ouvert la porte pour mettre en évidence que nous sommes tous intelligents pour quelque chose. L’école classique a tendance à ne valoriser que l’intelligence logico-mathématique (qui consiste à bien raisonner, bien calculer et à être logique) et l’intelligence verbale et linguistique (qui consiste à bien parler, bien lire, et bien écrire). Tout le reste est généralement secondaire.

Nous pourrions en effet en ajouter davantage : l’intelligence numérique, l’intelligence esthétique, l’intelligence olfactive, l’intelligence gustative, l’intelligence existentielle, l’intelligence intuitive.

Nous avons tellement de capacités. Notre cerveau a un immense potentiel. Le problème c’est qu’un enfant n’en a pas conscience et que l’école privilégie seulement deux ou trois de ces intelligences. Si l’enfant utilise les intelligences « scolaires » avec peu d’enthousiasme et qu’il ne rencontre pas d’opportunités d’utiliser les intelligences pour lesquelles il a un potentiel, la graine ne germera pas. Pour en avoir conscience, l’enfant a besoin d’une personne qui l’aide à se connaître et à révéler son potentiel. En général, les enfants ont des intérêts très clairs et il suffit de suivre leur enthousiasme pour comprendre quelles intelligences ils ont choisi d’investir. Pour cela il est important de les écouter et de les respecter.

Quand l’intelligence du cœur surpasse le Q.I

L’intelligence intuitive ou l’intelligence du cœur est une forme d’intelligence encore assez peu reconnue aujourd’hui mais qui est devenue l’objet de recherches scientifiques depuis les années 90. En effet, l’Institut HearthMath a démontré le rôle majeur du cœur dans la santé humaine, le succès et la réalisation. Nous avons tendance à penser que seul le cerveau et notre pensée rationnelle sont à l’origine de nos prises de décisions. Cependant, les fonctions cognitives sont limitées et penser clairement avec le cerveau est utile mais jusqu’à un certain point. Le cœur possède de très nombreux neurones et il est maintenant établi par la science qu’il communique en quasi-permanence avec le cerveau et tout le reste du corps. Il a été démontré que le cœur perçoit les événements avant le cerveau. Les émotions ou sentiments émanant du coeur nous aident non seulement à prendre des décisions avec confiance mais ils amplifient considérablement la créativité et la résolution de problèmes. Ainsi le cœur possède des ressources insoupçonnées que nous commençons à découvrir maintenant. Ces ressources existent mais peu en connaissent l’accès. Apprendre à faire confiance à l’intelligence intuitive du cœur pour prendre de bonne décisions pour sa vie, trouver des solutions innovantes, vivre en harmonie avec soi-même et les autres, n’est-ce pas le défi de notre époque ?

Le programme Brighter Minds a été développé pour permettre aux enfants de 6 à 15 ans de prendre conscience de ce potentiel qui est en eux et de créer cette cohérence entre le cerveau et le cœur afin d’atteindre un état d’équilibre intérieur. Par une approche ludique, holistique et rigoureuse, les enfants améliorent non seulement leurs fonctions cognitives (la concentration, la mémoire, la perception et l’observation) mais développent également leur intelligence intuitive, équilibrent leurs émotions et renforcent leur confiance en eux. Les résultats à la fin de la formation sont fascinants, les enfants parviennent avec aisance à percevoir à l’aveugle des couleurs, des chiffres et des formes, et cela avec une confiance et une humilité déconcertante.  Une fois cette connexion intérieure établie, les enfants y reviennent naturellement, même au-delà de la formation. Tout en évoluant, ce lien au cœur reste, car les enfants en ont désormais conscience et ont les clés pour accéder à leur potentiel à tout moment. Un trésor qui les accompagnera tout au long de leur vie.

« Suis ton cœur et ton intuition. Quelque part ils savent déjà ce que tu veux vraiment devenir. » Steve Jobs

Aurélie Andriamialison

Coach de vie pour enfants, Suisse


[1]                Sa biographie a inspiré le film « Le garçon qui dompta le vent »

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